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Quand tempête rime avec GAG…
Ca faisait déjà plusieurs jours qu’il pleuvait et ventait. Les températures étaient douces pour la saison. Des arbres, des forets, des toitures, des habitations tout entières furent dévastés par cette tempête, par LA tempête…
Nombre d’oiseaux ont été déportés loin de leur région, charriés par les vents violents, se retrouvant ainsi perdus dans des milieux inconnus. Certains oiseaux pélagiques ont atterri en pleine montagne, sur des stations de ski... !
Lors d’une sortie au Grand Large, sur la commune de Décines-Charpieu (69), le 28 décembre 1999, Frédéric L. et moi scrutions le plan d’eau à la recherche de piafs hivernants. Là, une foule de laridés formait un dortoir où Mouettes rieuses et pygmées (3), Goélands leucophées et bruns (7) se répartissaient en épais manteau de plumes ondulant au gré des vagues.
Les Grèbes huppé, Canards colverts, souchets et chipeaux se partageaient cette étendue d’eau, alors qu’une Avocette élégante se promenait sur les pales-planches : un paysage du quotidien hivernal.
Au fond, un peu à l’écart, trois silhouettes atypiques se dessinent. Trois oies… ou plutôt trois bernaches ! Trois Bernaches cravants étaient venues se perdre, loin de leur biotope.
En effet, les Bernaches cravants vivent au bord de l’océan, dans les estuaires, les prés littoraux et les bancs de sable, où elles trouvent leur nourriture composée pour l’essentiel de mousses, de lichens et d’algues vertes. Cette alimentation est vitale pour cette espèce. Or, dans nos eaux intérieures, elle y est quasi inexistante vouant ces trois oiseaux à une mauvaise nutrition voire, sur le long terme à leur mort. Ces trois oiseaux ne sont restés que moins d’une semaine.
Cette observation des plus inhabituelles est une première pour le département du Rhône, (du moins autant que ma mémoire s’en souvienne). Elle a été soumise à homologation et acceptée par le Comité d’Homologation Régional (CHR) (DELIRY 1999).
Le Grand Large (avec les îles de Miribel Jonage), est bien connu des ornithologues en tant que site d’hivernage, de migration et de nidification. Les oiseaux y abondent et les espèces vont et viennent au gré des saisons, du climat et de ses caprices.
Chaque année, ce « high spot » lyonnais nous réserve bon nombre de surprises, telles des œufs de Pâques cachés dans un jardin… Qui saura les trouver ?
Julien GRUET (Extrait de la revue L’EFFRAIE n°14 du Centre Ornithologique Rhône-Alpes (CORA)
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